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  • Coparentalité Responsable

Qui a protégé le besoin de stabilité de cette enfant ?

Une petite poignée de personnes se sont retrouvées, cet après-midi du 12 septembre 2020, en gare de Sierre, pour soutenir et accompagner Monsieur Vlado Markovski qui quittera la Suisse ces prochains jours, pour aller rejoindre sa fille à …. 24 heures de route de chez nous.


D’ailleurs, la route, il ne sait pas encore s’il la fera, ou s’il prendra l’avion, en raison des restrictions liées au Covid, qui compliquent tous les déplacements.


Un tribunal, ou plutôt une juge, dont on ne sait pas vraiment comment qualifier l’attitude et le manque de réactivité appropriée.


Un homme qui s’en va parce que la justice a décidé que la mère pouvait quitter la Suisse avec sa fille. Pourquoi une telle décision ? Sur quels critères ? Moi qui suis familière de ces situations, je pense que, des critères, il n’y en a pas. Les décisions sont prises on ignore comment, on ignore pourquoi, et l’intérêt de l’enfant semble loin, très loin d’autres considérations, tout à fait nébuleuses.


Cette juge haïe par tant de pères, dont il se dit entre hommes divorcés qu’il ne fait pas bon avoir affaire à elle, semble avoir un net parti pris pour les mères, quelles que soient les situations. Enfin, c’est ce qu’on dit…


Donc, une petite poignée de citoyens. Toute petite.


Bien sûr, il y a le Covid. Bien sûr, il y avait d’autres manifestations, d’autres rencontres et autre chose à faire aujourd’hui, par ce beau temps.


Sans doute aurait-il fallu transmettre un message larmoyant ou exalté ou je ne sais, pour sensibiliser l’opinion.


Sans aucun doute également, on pense souvent que ça n’arrive qu’aux autres et on est peu mobilisé par ce qui semble ne jamais pouvoir nous toucher.


Mais tout de même…


Je suis certaine que c’est cette absence de solidarité, de concertation et d’action commune qui permet à une certaine forme d’inhumanité de perdurer.


Personnellement, j’ai honte. J’ai honte et je ne supporte plus bien de vivre dans un canton qui vote contre une loi anti-lobbies, qui punit les lanceurs d’alerte en les excluant socialement, et qui fonctionne d’une manière si souvent archaïque, tellement hypocrite, au rythme des intérêts d’aucuns, de pouvoir et d’argent.


Petite, tu es née ici, tu as passé ta vie ici, tu te retrouves à des milliers de kilomètres de chez toi, à devoir te familiariser avec une vie toute autre, sans qu’on t’ait demandé ton avis, sans qu’on ait pris en compte le choc induit par un tel déracinement et qu’on aurait pu éviter… et presque tout le monde s’en fout. La justice, l’autorité de protection, l’OPE, l’avocat de la mère ne semblent avoir cure de ton « bien suprême », parce que c’est tellement plus facile de laisser aller, de laisser couler, de ne pas trancher, de suivre celui qui crie le plus fort ou qui est le plus soutenu.


Ah, si ton père, ou ta mère, t’avait enlevée, tellement d’encre noircirait les pages des quotidiens. Seulement, hélas, l’instance à blâmer est officielle, nommée, engagée, rétribuée, socialement bien cotée, alors on ne va pas s’embarrasser de se mettre à dos les autorités.


Qui donc avait écrit « plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien ? » J’ai plus de peine à le penser qu’à l’écrire. Nous sommes devenus un peuple de veules.


Je ne sais comment conclure, si ce n’est que je souhaite que ce père lésé, papa d’une petite fille lésée, trouve une tribune qui lui permette de s’exprimer aussi ailleurs que sur les pages en ligne de l’1dex.



Isabelle Vuistiner, Présidente du Mouvement Suisse pour la Coparentalité Responsable


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