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5. Ce que je crois


"Il y a deux manières principales d’aborder la réalité pour l’analyser : soit on plaque ses propres concepts, notions théoriques auxquelles on a adhéré, sur la réalité, et on se retrouve rapidement contraint de faire fi de tout ce qui n’entre pas dans le cadre, au fur et à mesure que des exceptions émergent, soit on l’observe, le plus globalement possible, pour mettre en lumière les éléments importants, ce qui nous permet, ainsi, de proposer des changements qui promettent des résultats différents.


Depuis que je travaille dans le domaine de la relation d’aide, je me suis fréquemment interrogée au sujet de cette tendance généralisée, cette réaction par défaut qu’on semble tous partager et qui consiste à pointer du doigt un coupable lorsque les choses ne fonctionnent pas comme on l’aurait espéré. Une fois passée ce sursaut initial, on bénéficierait tous tellement de questionner un processus plutôt que les personnes qui y participent. Il y a une croyance à laquelle je ne suis pas prête à renoncer, celle d’une thérapeute qui se revendique descendante d’une lignée d’approche holistique de la santé et héritière d’apports psychothérapeutiques divers, particulièrement celui de la psychologie positive, c’est celle qu’on fait tous du mieux qu’on peut. Ce mieux n’a pas de connotation morale. Il signifie que chacun fait ce qu’il peut pour arriver au meilleur résultat possible. Selon les valeurs de chacun, ce résultat englobe aussi le bien des autres ou non, une vision intelligente de la vie étant, selon moi, que le résultat ne peut qu’inclure le bien des autres. Chacun d’entre nous fait de son mieux, au centre de son propre réseau de croyances, de valeurs, de limites personnelles, de la perception qu’il a de la réalité. Le jour où on adhérera tous à cette vision-là, plutôt que de s’agresser mutuellement, on pourra partager croyances et connaissances, discuter, élaborer. Cesser les accusations mutuelles, et particulièrement la pratique de la lecture de pensée, qui consiste à parler au sujet de l’autre et à le déclarer animé de mauvaises intentions, porteur d’une vision délibérément autocentrée au motif d’acquérir des privilèges personnels par ce qu’il prône, est ce qui nous permettra d’échanger véritablement nos connaissances, qu’elles résultent d’un apprentissage intellectuel ou d’expériences vécues. La véritable intelligence consiste, il me semble, à réaliser qu’il n’y a aucune issue positive durable dans les cloisonnements divers et notamment dans tout ce qui consiste à s’approprier, au détriment d’autrui, les richesses matérielles ou celles du savoir." (extrait de "Protection de l'enfance, lettre ouverte à tous ses acteurs", d'Isabelle Vuistiner-Zuber, paru en 2019 aux Editions Soleil Blanc - disponible en commande auprès de l'auteure, au prix de CHF 40.-)


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