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  • Coparentalité Responsable

EN PERMETTANT LA RUPTURE DU LIEN PERE-ENFANT, NOUS NOUS FAISONS LES PONCE PILATE DES SEPARATIONS

Monsieur le Conseiller d’Etat,

Nous arrivons au terme de la fête des pères.

J’aurais aimé vous écrire plus tôt dans la journée, mais je n’y suis pas parvenue, tant la vie est parfois faite d’imprévus et de contrariétés diverses.

J’espère – je l’espère sincèrement – que vous avez passé une belle fête des pères. Pour autant que vous soyez parmi ceux, rares, qui savent que la Fête des pères est célébrée le premier dimanche de juin chez nous, en Suisse.

La mienne fut assez difficile.

Je ne suis pas un père, me direz-vous. Et mon propre papa nous a quittés il y a bien des années déjà, lui qui a eu une influence majeure sur ma vie : mes valeurs, la construction de ma personnalité et les si nombreux moments partagés.

Pour vous écrire, je pense à lui, ce qui me donne du courage. Car du courage, voyez-vous, il m’en faut. Beaucoup. De la persévérance aussi.

Le mythe de Sisyphe, l’eau qui use la roche, le colibri qui fait sa part, tout ça… ça vous dit quelque chose ? A moi, oui, et, tenace, je continue.

La dernière fois que je vous ai écrit, c’était pour solliciter une médiation, dans une affaire de protection de l’enfance où les procédures pénales ont été bafouées plus souvent qu’à leur tour. Vous m’aviez alors répondu qu’une médiation serait inutile, puisque je trouve toutes les institutions nulles. Vous n’avez pas écrit «nulles», mais c’était le sens, et vous avez bien écrit «toutes».

Au stade actuel, et après la journée en fait épouvantable que j’ai passée, à serrer (symboliquement plutôt que physiquement, fin de pandémie oblige) dans mes bras des papas éplorés, en dépit de ma décision, depuis votre dernière réponse, de ne pas rééditer la chose, je me sens l’obligation de vous adresser ce message.

Pas de chance, comme il me faut un destinataire, c’est vous que j’ai choisi. J’aurais tout aussi bien pu écrire à Frédéric Favre, à Sophie Huguet, à Christian Nanchen, à Esther Weber-Kalbermatten, qui chapeaute ce département de la santé qui devrait s’occuper de transmettre à tous les médecins de notre canton l’obligation qui leur est faite de transmettre aux deux parents tout élément important de la santé de leur enfant, sans trop se faire prier, à Victor Fournier.

Et qui, tous, certainement, seraient en mesure de décréter également que je trouve « toutes les institutions nulles ».

Il me semble, cependant, que ceux qui dénigrent les institutions, affaiblissent leur pouvoir, les minant de l’intérieur, ne sont pas ceux qui leur demandent de tendre vers l’excellence, mais ceux qui les déshonorent, les représentant si mal.

J’aurais pu également m’adresser aux autorités des Départements correspondants, dans chacun des cantons de notre patrie, tant la gabegie est générale, celle qui permet à une société d’ignorer délibérément la notion de paternité – à part lorsqu’il s’agit d’établir le décompte de frais divers à payer – et de la bafouer.

Monsieur Darbellay, vous avez expérimenté quelque peu ce que signifie que de voir sa vie privée exposée. Vous savez donc le tumulte intérieur auquel aboutit l’intrusion d’autrui dans des affaires qui ne sont pas les siennes.

Je vous laisse imaginer ce que peuvent ressentir les pères divorcés dont les droits sont violés, dont la personnalité est investiguée lors d’expertises diverses initiées suite à des accusations délirantes, qui doivent se justifier, de tout, devant des intervenants de tous domaines : juridique, social, éducationnel, médical.

Je vous demande de penser à ce que vous-même ressentiriez si vous n’obteniez aucune nouvelle de l’école (pour pouvoir se renseigner auprès des enseignants, encore faut-il savoir quel établissement son enfant fréquente), aucune réponse du pédiatre de vos enfants quant à leur santé. Si vous deviez vous plier à des comparutions multiples devant des instances juridiques diverses, suite à de fausses accusations ou à un non-respect de votre droit de visite, à des chicaneries sans fin initiées par une mère à laquelle personne ne dit de s’arrêter. A l'humiliation répétée ainsi ressentie.

Monsieur Darbellay, en ne réagissant pas à nos interpellations diverses, vous, ainsi que vos divers collègues politiques et chefs de services, partout en Suisse, vous vous faites les Ponce Pilate des séparations litigieuses.

« Je m’en lave les mains » est bien le message adressé aux pères qui voient leur enfant emmené-e contre leur gré à l’étranger, qui se voient retirer tout droit de visite, dans des processus destructeurs d’aliénation parentale à laquelle autorité ne met fin, jamais, à aucun stade.

Quand on ne réagit pas, on est complice. Complice, en l’occurrence, de maltraitance psychologique gravissime, celle qui consiste à détériorer gravement le lien père-enfant.

Monsieur Darbellay, si vous saviez combien j’ai entendu de pères – au comportement par ailleurs tout à fait mesuré et équilibré – évoquer, à bout, le désir de recourir à la violence physique contre ceux qui s’opposent à l’exercice de leur droit le plus légitime : être en contact avec leur enfant.

Parce que la violence amène la violence. Et les violations répétées de notre Code de procédure pénale en sont une. Celles de notre Code civil également. Violations commises par ceux censés représenter nos lois.

En tant que chef du Département de la formation, et donc des écoles, vous avez tout loisir de vous atteler à une valorisation du rôle du père dans la vie des enfants au sein même de l’éducation dont ceux-ci bénéficient dans nos écoles publiques. De diverse manière et, notamment, en rappelant à tous les enseignants leur devoir d’informer les pères au sujet de la scolarité de leur enfant. Ce qui serait une belle manière de faire preuve du respect dont vous avez suggéré que je manquerais face à l’institution qu’est l’instruction publique et ce qui aurait des répercussions positives sur le service de la protection de la jeunesse et son office de la protection de l’enfance.

Je ne sais comment terminer ce court message tellement il m’est devenu difficile d’y croire. J’ai juste l’espoir qu’un jour l’indignation publique vous forcera, tous, à vous positionner différemment à défaut de devoir rendre des comptes.

Pour le Mouvement Suisse pour la Coparentalité Responsable

Sa présidente : Isabelle Vuistiner, thérapeute, intervenante en hauts conflits familiaux

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